Les super-pouvoirs rendraient-ils gentils ou méchants?

C’est bien connu: avec de grands pouvoirs viennent de grandes responsabilités. C’est Spider-Man qui l’a dit, alors ça doit être vrai. Mais est-ce que ceux qui acquièrent des superpouvoirs sont plus enclins à s’en servir pour faire le bien ou pour faire le mal?

La question peut sembler (très) théorique, mais des chercheurs de l’Université Stanford, en Californie, ont décidé de concevoir une expérience scientifique pour en avoir le coeur net. Ils ont donc conçu un environnement de réalité virtuelle dans lequel une soixantaine de volontaires, 30 hommes et 30 femmes, ont reçu la mission d’aller livrer une dose d’insuline à un enfant diabétique en détresse. Certains des volontaires ont reçu pour l’occasion des «superpouvoirs»: en battant des bras et en tournant sur eux-mêmes, ils pouvaient voler jusqu’à leurs destinations dans le monde virtuel. Les autres participants, eux, étaient de simples passagers à bord d’un hélicoptère. Le système était programmé pour que tout le monde réussisse à remplir la mission en exactement deux minutes, peu importe ce qu’ils tentaient de faire.
 
Or, le véritable test se produisait après la mission lorsqu’un examinateur échappait volontairement un pot rempli de crayons, dans le but de mesurer le temps qu’il faudrait aux participants pour réagir et surtout pour l’aider à nettoyer le dégât.
 
 
Résultat: ceux qui venaient de faire l’expérience de superpouvoirs aidaient spontanément l’examinateur (en moyenne, trois secondes après qu’il ait renversé ses crayons) tandis que les autres ne réagissaient qu’après que celui-ci ait commencé à les ramasser tout seul. Ils ramassaient aussi 15% plus de crayons que les autres.
 
Conclusion: les «super héros» avaient tendance à ressentir plus d’empathie envers l’examinateur gaffeur que la moyenne, et donc à vouloir faire le bien. Une bien bonne nouvelle... Sauf qu’on ne sait pas trop si c’est le pouvoir lui-même ou le fait d’avoir eu l’impression d’agir de façon consciente lors de la mission vers l’enfant en détresse qui inspirait cette gentillesse - ou si les «super héros» avaient tout simplement l’impression d’être assez agiles pour voler un tas de crayons sans que personne ne s’en aperçoive!
 
Source:  Kurzweil AI