Les téléphones remplaceront-ils vraiment les consoles?

Un récent article de Popular Science affichait ce titre provocateur: «Smartphones Will Become the Only Device Hardcore Gamers Need» («le téléphone intelligent sera le seul appareil dont les joueurs invétérés auront besoin»). 

L’argument? Les téléphones augmentent en puissance, la livraison de contenu par l’infonuagique simplifiera tout, etc.
 
Je n’y crois pas une seule seconde.
 
D’abord, si le développement du marché des apps de jeux sur téléphones au cours des dernières années a été salutaire, on ne peut pas dire que celles-ci peuvent espérer remplacer toutes les catégories de jeux ni à court, ni à long terme. Qui a envie de jouer à Halo sur un écran de 3,5 pouces quand il y a un téléviseur avec 200 fois plus de superficie d’affichage dans le salon? Qui a envie de passer 12 heures sur un téléphone à jouer à Civilization - et de garder l’appareil branché dans une prise de courant pour ne pas manquer de batterie après le quart de la partie?
 
Et même si on développait miraculeusement une batterie infinie et un oeil bionique capable de discerner 12 000 000 de pixels par centimètre carré, essayez-donc de faire un marathon de World of Warcraft sans défoncer votre forfait de données!
 
Est-ce que le téléphone gruge abondamment dans le marché des consoles portatives? Oui, mais parce que celles-ci n’offrent pas une expérience de jeu significativement différente et/ou un bon rapport qualité-prix aux yeux d’un segment de la population des joueurs, pour qui il ne vaut pas la peine d’acquérir une 3DS ou une Vita en plus du téléphone qu’ils ont déjà. Et est-ce qu’il devient de plus en plus difficile de justifier l’achat d’un jeu de puzzles à 30$ sur PC ou sur console quand on peut avoir l’équivalent pour 99 cents (ou pour rien du tout) sur son Nexus? Bien sûr. Mais ça s’arrête là. À moins que l’industrie n’arrête un jour de développer des jeux auxquels on a envie de jouer plus de 15 minutes à la fois.