L'histoire fascinante derrière les noms des voitures

Derrière un nom, il y a toujours une raison!

Les noms des voitures apparaissent, disparaissent à tout jamais ou réapparaissent des années plus tard. Il y a les classiques et ceux qui ne durent que le temps d’une mode… 

Aux débuts de l’automobile, on ne se cassait pas la tête. La voiture portait le nom de son inventeur : Ford (Henry de son prénom), Buick (David Dunbar), Oldsmobile (Ransom Eli Olds), Benz (Karl), Honda (Soichiro) ou l’on trouvait un nom avec une sonorité noble, comme Cadillac (Sieur Antoine de la Mothe Cadillac, fondateur de la ville de Detroit au Michigan, siège de l’automobile américaine) ou Lincoln, en référence à Abraham, président américain. Patriotiques comme pas un, on compte, dans l’American Standard Catalog 1805-1942, pas moins d’une cinquantaine de marques portant le nom American. Vive l’originalité…

Il n’est pas long que les entreprises les plus solides élaborent leur offre et doivent trouver un moyen de différencier leurs modèles. Ford, par exemple, a commencé avec son Modèle A, suivi du B, du C, du F, du K, du N et du S (où sont les modèles manquants? Si vous le savez, aidez-moi!) jusqu’au très populaire Modèle T. Durant la première décennie du siècle dernier, Oldsmobile offrait son modèle Curved Dash. Tout simplement parce que le tableau de bord (la planche sans aucun instrument plutôt…) de sa voiture était courbé!
 
Cependant, certains noms de marque ont demandé un peu plus de recherche. La désormais défunte Mercury doit son nom au dieu du commerce et des voyages. Audi, c’est un peu plus compliqué. August Horch avait fondé une entreprise qui portait son nom. Ayant été évincé, il ne peut plus l’utiliser. Il traduit donc Horch en latin, ce qui donne Audi (écoute). À l’autre bout de la planète, Datsun (honorer le soleil) fut tout d’abord le nom d’un modèle fabriqué par la société DAT Motorcar Cie avant de devenir une marque. Puis, en 1934, elle devient Nissan (traduction de « industrie du Japon »). Ce n’est cependant qu’en 1981 que Datsun devient Nissan en Amérique. Oh, en passant, DAT est un acronyme formé des premières lettres du nom des trois propriétaires.
 
L’histoire du nom de Mercedes-Benz est particulière. En gros, le Français Émil Jellinek, riche homme d’affaires et consul, fait courir des Daimler (marque fondée par Gottlieb Daimler) dans une écurie portant le nom de sa fille, Mercedes. Jellinek fait breveter ce nom. Lorsque, des années plus tard, Benz et Daimler s’associent, le nom Daimler n’est déjà plus utilisé pour les voitures de tourisme et a été remplacé par Mercedes.
 
Au fil des années, les dirigeants des firmes automobiles se sont ingéniés à trouver des noms plus originaux et qui, par le fait même, définissaient la personnalité de la voiture à laquelle ils étaient accolés. Studebaker proposait les modèles Dictator, Commander ou President tandis que Chevrolet avait ses Superior, International et Universal. D’autres marques, comme Packard, privilégiaient la logique en baptisant leurs voitures : Second Series, Third Series, Fourth Series, etc. Il n’y a jamais eu de First Series! C’était durant les années 1920.
 
Depuis pratiquement toujours, les noms donnés aux automobiles suivent l’actualité. En 1953, Chevrolet dévoile un joli prototype d’une voiture sport. La Deuxième Guerre mondiale est encore bien présente dans les souvenirs et tous connaissent les noms des embarcations de guerre. Une de ces petites embarcations s’appelle une corvette… Un peu dans le même ordre d’idées, le Français Jacques About a, un jour, l’idée de construire une petite sportive au Québec. Nous sommes à la fin des années 1960 et les grands barrages de la Baie-James invitent les Québécois aux espoirs les plus fous. La Manic est née.
 
À l’époque où les États-Unis et la Russie sont en compétition pour être les premiers à atterrir sur la lune (années 1950 et 1960), on voit apparaitre une nouvelle génération de noms : Satellite (Plymouth), Starliner (Ford), Comet (Mercury), Galaxie (Ford), Nova (Chevrolet) etc. Il y a aussi eu la mode des noms d’animaux : Barracuda (Plymouth), Mustang (Ford), Panthera (De Tomaso), Impala (Chevrolet), Eagle (une marque d’American Motors), Jaguar, Lynx (Mercury), Lark (Studebaker) et j’en passe des dizaines.
 
Et des noms de ville, ce qu’il y en a eu! De Monaco (Dodge) à Santa Fe (Hyundai) en passant par Monza (Chevrolet), Durango (Dodge), Sedona (Kia), Capri (Lincoln puis Mercury). Le domaine de la course automobile fut aussi un bon géniteur : LeMans, Grand Prix, Bonneville (Pontiac), Monza (encore!), Mulsanne (Bentley), Rapide, Virage (Aston Martin). Certains noms font aussi sourire. Que dire de la Dodge La Femme en 1955?
 
Aujourd’hui, les noms de voitures sont moins évocateurs. Qui sait ce à quoi Buick réfère quand il appelle une voiture Verano? Et c’est quoi un ou une camaro, outre une automobile? Equus, Venza, Impreza, Kizashi? Mais il y a pire! Les Allemands sont plutôt portés à baptiser leurs voitures avec des lettres ou des chiffres ou les deux. C’est moins émotif mais il est plus facile de s’y retrouver lorsqu’il y a plusieurs modèles différents. Facile en théorie… Vous vous y retrouvez chez Mercedes-Benz, vous, avec les G, GL, GLK, S, SL, SLK? BMW n’est pas mieux : 320i, 328i, 335i… ces chiffres ne réfèrent même pas à la cylindrée du moteur! Le Japonais Acura ne donne pas dans l’émotion non plus avec ses TL, TSX, ZDX, ILX, MDX… En passant, je croyais que lorsqu’un nom se terminait par un « X » chez Acura, cela voulait dire qu’il s’agissait d’un véhicule à rouage intégral. L’ILX est pourtant une traction… Comme quoi, la logique des noms ne veut plus dire grand-chose.
 
La première voiture à avoir franchi la barre des 100 km/h s’appelait La Jamais Contente. Et l’étude de marché pour trouver ce nom n’avait pas dû coûter très cher à son pilote et créateur, le Belge Camille Jenatzy! Aujourd’hui, les manufacturiers automobiles dépensent des fortunes pour trouver des noms évocateurs pour leurs voitures et, quelquefois, y parviennent.
 
Nous pourrions faire dix blogues avec des noms de voitures et nous avons dû en laisser plusieurs de côté, et des pas piqué des vers! Vous en avez sûrement quelques-uns en tête…
 
Photo : pyntofmyld