Naughty Bear

par François Dominic Laramée le 8 août 2010

J’ai récemment passé quelques heures en compagnie de Naughty Bear, le jeu d’ourson en peluche homicide (!!!) signé par la compagnie montréalaise Artificial Mind and Movement.

Mon verdict: Naughty Bear ne deviendra pas un classique, et certains défauts d’ordre technique peuvent être agaçants, mais il a plusieurs belles qualités qui justifient qu’on lui donne une chance.
 
LE PRINCIPE
Naughty est un ourson en peluche méchant, laid et magané qui est rejeté par les autres oursons qui vivent dans son patelin, et il décide de se venger d’eux en les massacrant à coups de pelle, de machette, de fusil et de pièges à ours. D’une violence extrême mais non saignante (un ours en peluche, ça s’écrabouille et ça se réduit en charpie, mais ça ne saigne pas), le jeu est vraiment à ne pas prendre au premier degré - et surtout à ne pas mettre entre les mains d’un jeune enfant, malgré la présence d’oursons en peluche, parce que n’importe quel enfant sera traumatisé à vie à l’idée que son nounours puisse lui faire la peau pendant son sommeil.
 
Chaque niveau consiste à massacrer un certain nombre d’oursons sans qu’ils ne parviennent à s’enfuir. On peut aussi amasser des bonis en détruisant les cadeaux d’anniversaire apportés à une fête où Naughty n’était pas invité (en les jetant au feu ou dans les toilettes), etc. Pour martyriser ses victimes avec style, on peut choisir de leur faire peur, de leur tendre des pièges, de leur sauter dessus par surprise en se camouflant derrière des plantes, de changer souvent d’armes, de tout casser, et surtout de varier ses tactiques - parce que plus on répète la même chose souvent, moins l’impact sur les victimes est grand. Une belle touche de design qui incite le joueur à expérimenter.
 
Et plus on agit vite, plus on marque des points; un multiplicateur affiché au haut de l’écran indique tout ce que l’on perd en prenant notre temps et remonte dès qu’on accomplit quelque chose de vraiment, vraiment méchant. J’adore!
 
 
Naughty bearLE STYLE
Avec ses couleurs chatoyantes, sa musique hop-la-vie et sa narration digne d’une série d’animation pour enfants du préscolaire, Naughty Bear donne toute l’apparence d’un produit destiné aux touts petits. Ce qui renforce encore la dissonance cognitive avec le gameplay basé sur les massacres d’oursons en peluche. Encore une fois, parfait pour les adultes, mais de quoi transformer le plus angélique des bambins en cas de DPJ!
 
LA TECHNIQUE
Là où ça se gâte, c’est dans la réalisation du jeu.
 
Les niveaux sont assez vastes, et pour s’y retrouver on doit se fier à une mini-carte que je n’ai pas trouvée particulièrement représentative. On ne voit pas toujours bien qui est où, les voitures et autres portes de sortie que nos adversaires peuvent prendre pour nous échapper sont introuvables sur la carte même une fois qu’on les a explorées. Bref, on se perd constamment, et quand une alarme sonne pour nous indiquer qu’un ennemi est sur le point de prendre la fuite, le retrouver à temps devient presque impossible.
 
La caméra m’a aussi beaucoup embêté. Elle sautille sans arrêt, dans tous les sens, hors de contrôle. Difficile de s’orienter pour taper sur un ennemi quand la caméra est coincée entre lui et notre personnage.
 
CONCLUSION
Naughty Bear offre un bon défi tactique: il faut planifier ses attaques intelligemment, savoir contrôler le champ de bataille et utiliser la peur à son avantage, frapper fort et au bon moment - bref, se transformer en vrai petit Jason en peluche. Et le contexte, quand on sait le prendre au deuxième degré, est très drôle. Malheureusement, les défauts de l’interface et de la caméra viennent quelque peu gâcher le plaisir, mais si une parodie très méchante des jeux pour enfants constitue quelque chose qui pourrait vous intéresser, ça vaut quand même la peine d’essayer Naughty Bear pour voir s’il vous convient, peut-être d’abord en location.
 
Note: NerdZ en Bronze.