Pixar renoue avec les Oscars grâce à Rebelle, sa première princesse

Après sa cuisante absence de la course aux Oscars en 2012, le studio Pixar (groupe Disney) s'est repris cette année, en remportant pour la septième fois la statuette du meilleur film d'animation pour Rebelle, la première princesse de sa filmographique.

Pixar, qui remporta sa première statuette du long métrage d'animation en 2004 avec Le monde de Nemo, réitéra l'exploit l'année suivante avec Les indestructibles, puis quatre années de suite entre 2008 et 2011 avec Ratatouille, Wall-E, Là-haut et Toy Story 3.
 
La chute n'en avait été que plus dure en 2012, lorsque Cars 2, réalisé par le patron de Pixar John Lasseter - et accueilli très froidement par la critique - n'avait même pas été nommé dans la catégorie, remportée cette année-là par la caméléon déjanté Rango.
 
Mais le studio, fondé par Steve Jobs et racheté par Disney en 2006, a repris le sceptre cette année avec son conte écossais Rebelle, mettant en scène avec succès la première princesse de sa filmographie.
 
Le film suit les aventures de la princesse Merida, un garçon manqué au caractère bien trempé qui rejette en bloc les traditions familiales, notamment son mariage à l'un des héritiers des clans du royaume.
 
Bien décidée à faire changer sa mère Elinor, gardienne des traditions, elle demande l'aide d'une sorcière, qui va jeter à la reine un sort aussi puissant qu'inattendu, obligeant Merida à revoir ses priorités.
 

Processus exceptionnellement long

 
Peut-être intimidé par sa première princesse - une figure imposée dans l'animation, particulièrement chez sa maison-mère Disney - Pixar a mis sept ans à accoucher de Rebelle. Un processus exceptionnellement long, qui a donné de belles migraines aux patrons du studio, longtemps insatisfaits de leur bébé.
 
Après cinq ans de développement, l'Américain Mark Andrews a dû reprendre les rênes du projet des mains de Brenda Chapman - figure de l'animation passée par Disney et DreamWorks avant d'arriver chez Pixar - avec cette consigne: "Donne-nous une bonne histoire!", confiait-il à l'AFP l'an dernier.
 
Il est vrai que Pixar, généralement salué pour la qualité de ses scénarios, s'était lancé un double défi avec Rebelle: faire un film de princesse et confier le rôle principal pour la première fois à un personnage féminin.
 
Mark Andrews assure qu'il n'est pas plus difficile de travailler sur une héroïne que sur un héros. "C'est toujours un défi", dit-il. "Quel que soit le personnage, c'est toujours une galère pour le caractériser".
 
"Que le personnage soit un homme, une femme, un poisson ou un lézard, cela n'a pas d'importance. La question, c'est: "Quel est le message? Comment puis-je faire naître l'empathie avec le public?". Et c'est toujours difficile", avoue-t-il. "Dans l'essence d'un personnage, le genre n'est pas un problème".
 
Comme souvent chez Pixar, le film multiplie les prouesses techniques, notamment dans l'animation de la fascinante chevelure rousse et bouclée de la princesse et dans la représentation des paysages écossais.
 
Le film a fait mieux que Cars 2 aux box-office nord-américain, avec 237 millions de dollars de recettes, pour des recettes mondiales de 531 millions. Mais il reste loin des performance de Toy Story 3 en 2010, le dessin animé le plus profitable de l'histoire du cinéma et le premier à avoir dépassé le milliard de dollars de recettes dans le monde.

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