Porsche Panamera 2014 - Une gamme plus étoffée

Porsche Panamera S E-Hybrid 2014 devant le Schloss Elmau en Bavière

Elle a été présentée en première mondiale au Salon de l’auto de Shanghai et voici que la, ou plutôt les nouvelles Panamera prendront la route chez nous dès septembre 2013 en tant que modèles 2014. Si l’on parle de la Panamera au pluriel, c’est que la gamme s’est considérablement élargie avec cette dernière refonte. Ainsi, des versions Executive à empattement allongé sont proposées pour la première fois, de même qu’un nouveau modèle appelé E-Hybrid qui devient de facto la première voiture de luxe hybride rechargeable au monde. Sa mission première est de réduire les émissions de Co2 au minimum.

Pour créer la E-Hybrid, Porsche est allé se servir dans l’arsenal de la marque Audi en prélevant le V6 de 3,0 litres suralimenté par compresseur pour ensuite le jumeler à un moteur électrique capable de développer l’équivalent de 95 chevaux. La puissance totale est portée à 416 chevaux, lesquels sont acheminés aux seules roues arrière par l’entremise de la boite automatique TipTronic à huit rapports. Sur le plan technique, cette motorisation représente un véritable tour de force. En remplaçant la batterie au nickel de 1,7 kilowatt/heure de la Panamera hybride précédente par une batterie lithium-ion de 9,4 kilowatts/heure, les ingénieurs de Porsche ont réussi à augmenter considérablement l’autonomie et la vitesse de la voiture lorsqu’elle roule en mode électrique.

Au volant de la Panamera S E-Hybrid, j’ai pu rouler sur une boucle de 87,1 kilomètres sur laquelle la consommation moyenne s’est chiffrée à 5,8 litres aux 100 kilomètres en raison du fait que 53,9 de ces kilomètres ont été parcourus sur la seule puissance électrique. À ce sujet, je dois préciser que la première partie de cette boucle était taillée sur mesure pour réduire la consommation d’énergie, qu’elle soit électrique ou aux hydrocarbures, car le trajet présentait une légère descente sur les premiers 50 kilomètres… Toutefois, il est tout à fait envisageable de parcourir entre 18 et 36 kilomètres sur la seule puissance électrique dans des conditions de conduite normales.


Hybride mais performante


Avec une pleine charge, la S E-Hybrid se met en marche en mode électrique, appelé E-Power, par défaut, mais le conducteur peut aussi choisir trois autres modes. Il y a le mode Hybride qui préserve la charge de la batterie pour l’utiliser plus tard, le mode E-Charge permettant de la recharger en roulant avec le moteur thermique en marche, ou le mode Sport qui exploite pleinement les deux sources d’énergie assurant ainsi un chrono de 5,5 secondes pour le sprint de 0 à 100 kilomètres/heure. La S E-Hybrid met donc une bonne demi-seconde de plus que la 4S pour ce test, et c’est parce que le modèle hybride est le plus lourd de la gamme, affichant 2 095 kilos à la pesée, soit 225 de plus que la 4S et 325 de plus que le modèle de base. Ce poids supplémentaire a également une incidence directe sur le comportement routier de la S E-Hybrid qui n’est pas aussi dynamique que celui des autres modèles de la gamme. Il faut néanmoins lui accorder une excellente note pour la performance au freinage, puisque la E-Hybrid freine avec aplomb et que la modulation des freins ne présente aucun défi, ce qui est loin d’être le cas avec plusieurs autres voitures à motorisation hybride équipées d’un système de freinage régénératif.

Avec une source électrique de 240 volts, il est possible de recharger complètement la batterie en 2 heures et demie. Donc, un conducteur ayant accès à ce type de recharge, chez lui et à son travail, pourrait envisager de rouler seulement en mode électrique sur un cycle « électro-boulot-dodo » si la distance entre ses deux ports d’attache n’est pas trop élevée. Soulignons que cette nouvelle motorisation sera également proposée sur le Cayenne en 2014, où elle sera toutefois jumelée au rouage intégral.

Le downsizing est en vogue…


Avec cette refonte, les modèles S et 4S délaissent le V8 atmosphérique au profit d’un V6 biturbo qui offre plus de puissance, une livrée plus linéaire du couple et une consommation bonifiée d’environ 18 %, ce qui lui permet de gagner sur tous les tableaux. Les motorisations 8 cylindres font cependant encore partie de l’offre de la Panamera puisque la GTS conserve le V8 atmosphérique de 4,8 litres développant 440 chevaux dont la sonorité évocatrice cadre parfaitement avec sa vocation plus typée, et que les modèles Turbo et Turbo S font encore et toujours dans la démesure avec leurs cavaleries biturbos chiffrées à 520 et 560 chevaux. Entre ces trois modèles, la GTS est vraiment le choix le plus avisé pour l’amateur de performances en raison de son caractère plus incisif assuré par une réponse immédiate à la commande des gaz. Compte tenu du fait que le potentiel de performance des modèles Turbo et Turbo S est difficilement exploitable sur notre réseau routier, leur sélection relève plus d’un désir de la clientèle de s’afficher au volant des modèles les plus puissants et les plus chers qu’autre chose.

Par ailleurs, la nouvelle Panamera se distingue par l’adoption de nouveaux blocs optiques, avec phares de jour repositionnés, ainsi que par son bouclier avant avec entrées d’air latérales élargies. À l’arrière, on remarque la lunette, qui est légèrement plus inclinée et plus large, ainsi que le nouveau design des feux qui permet justement de souligner la largeur de la voiture. Côté style, cette Panamera représente une subtile évolution du modèle de première génération, plutôt que la révolution annoncée par la superbe Porsche Panamera Sport Turismo Wagon Concept, dévoilée au Mondial de l’automobile de Paris en septembre 2012.

Avec une gamme aussi pléthorique, la Panamera pose un nouveau jalon avec l’ajout de son modèle hybride rechargeable. La concurrence ne tardera pas à répliquer puisque Mercedes-Benz dévoilera une version hybride rechargeable de sa nouvelle Classe S au Salon de l’auto de Francfort en septembre 2013.

Fiche d'évaluation

Modèle à l'essai

Porsche Panamera 2014

Concurrents

Audi A8, BMW Série 7, Jaguar XJ, Maserati Quattroporte, Mercedes-Benz Classe S

Points forts

Moteurs performants
Très bonne tenue de route
Freinage puissant
Confort souverain (Executive)
Faible consommation (E-Hybrid)

Points faibles

Prix élevés
Tarifs élevés des groupes d'options
Poids élevé
Gabarit imposant
Volume du coffre réduit (E-Hybrid)

Fiche d'appréciation

Consommation

60.0 %

Valeur subjective

80.0 %

Esthétique

40.0 %

Confort

80.0 %

Performance

90.0 %

Apréciation générale

80.0 %