Pour ou contre la tablette Surface de Microsoft?

Hier soir, Microsoft annonçait sa tablette officielle, baptisée Surface.  (Oui, comme la grande table interactive à 15 000$ qui nous a tous fait baver d’envie il y a quelques années, mais c’est là que les comparaisons s’arrêtent.) S’agit-il d’un produit intéressant, et pour qui? La réponse est étonnamment difficile à donner puisque plusieurs informations cruciales manquent toujours à l’appel.

 
D’entrée de jeu, disons qu’il y aura deux modèles de Surface: 
 
  • Un modèle haut de gamme avec processeur Core i5 d’Intel, qui roulera sous Windows 8 Pro et devrait être compatible avec tous les logiciels conçus pour Windows.
     
  • Un modèle plus économique et plus léger, basé sur un processeur ARM Tegra 3, qui roulera sous Windows RT et ne pourra donc exécuter que des applications Metro vendues sur le Windows Store. 
 
Dans les deux cas, on parle d’appareils dotés d’écrans de 10,6 pouces de diagonale (probablement 720p pour le modèle de base et 1080p pour le modèle pro), avec une connectivité USB et microSD, un port de sortie vidéo, et une béquille à l’arrière pour que l’on puisse déposer la tablette à la quasi-verticale, comme un cadre photo... Ou un écran d’ordinateur portable. Car la Surface est présentée, encore plus que le iPad, comme un appareil capable de remplacer un portable: les étuis protecteurs proposés par Microsoft seront d’ailleurs doublés de claviers intégrés pour faciliter le travail. (Là encore, il y en aura deux modèles: le Type Cover, doté de touches physiques, et le Touch Cover, doté d’un clavier tactile mais d’une épaisseur de seulement 3 mm.) Il y aura aussi des caméras, de la mémoire Flash (minimum de 32 Go pour le modèle RT et de 64 Go pour le modèle Pro), etc. 
 
De bien belles bêtes, donc... Mais dont on ne peut pas juger le rapport qualité-prix puisqu’on ne le connaît pas, le prix. Ni l’autonomie de la batterie, d’ailleurs, ce qui est un facteur déterminant pour un appareil de mobilité. Ni même la date du lancement, qui surviendra sans doute quelque part entre août et novembre, selon la date à laquelle Windows 8 sera prêt. On présume tout de même que le modèle Pro s’adressera à ceux qui considèrent l’achat d’une tablette pour l’entreprise tandis que le modèle RT sera le concurrent direct du iPad à domicile, et que ni l’une ni l’autre ne devrait faire perdre le sommeil à Amazon puisqu’il serait bien surprenant qu’il existe une Surface qui coûte moins du double de la Kindle Fire. Mais c’est tout ce qu’on peut dire.
 
Quant à l’opportunité pour Microsoft de lancer sa propre marque de tablettes en plus d’offrir son système d’exploitation Windows RT à d’autres manufacturiers, elle reste à démontrer. En Amérique du Nord, 31% des internautes possède déjà une tablette ; les autres attendaient-ils un produit Windows, se contenteront-ils des vieux iPad de leurs grands frères quand ceux-ci passeront à la version suivante, ou sont-ils tout simplement réfractaires au format tablette? Mystère... L’intégration d’Office à la Surface pourrait cependant constituer un atout-maître sur le marché des entreprises. Et si jamais la Surface devient effectivement un contrôleur alternatif pour XBOX 360 (ou XBOX 720), ce qui semble plus que probable après ce que l’on a vu au E3, alors là attention...
 
Bref, il est trop tôt pour porter un jugement sur les perspectives d’avenir de la Surface. Mais si j’étais un manufacturier de tablettes Android de seconde zone ou d’Ultrabooks, j’aurais probablement mal dormi cette nuit!