Pourquoi les jeux coûtent-ils tous le même prix?

À peu près tous les magasins, de la boutique de quartier à la grande surface appartenant à une multinationale, vendent à peu près tous les jeux vidéo neufs à peu près au même prix. Une hausse est annoncée, comme ce fut le cas récemment pour la PS4? Tout le monde aura suivi en quelques semaines, voire quelques jours. Un jeu baisse de prix quelques mois après son lancement? Il baissera partout, en même temps, et du même montant. Pourquoi?

Le magazine The Consumerist s’est récemment penché sur la question, et ses conclusions démontrent que la dynamique du marché n’a pas beaucoup changé depuis la lointaine époque où j’écrivais sur le même sujet dans un de mes vieux livres publiés aux États-Unis. (Non, je ne tente pas de vous vendre mes livres par la bande; ils sont maintenant à peu près introuvables depuis la faillite de l’éditeur, qui n’est pas ma faute, je vous le jure! :-)

En gros, le système ressemble à celui-ci:

  • L’éditeur détermine un prix de détail minimal.
  • Tout le monde vend à ce prix plancher, parce que vendre plus cher est suicidaire quand il y a autant de concurrents qui vendent le même produit.
  • Un détaillant qui casse les prix sans la permission de l’éditeur s’attire ses foudres et risque de ne pas avoir accès aux prochains titres de la série.
  • Et puisque les jeux ont tendance à se ressembler et à viser la même clientèle, à peu près tous les éditeurs établissent le même prix plancher pour tous leurs produits.

Et qui encaisse votre 70$? Mes chiffres sont probablement dépassés, mais je serais bien surpris que la dynamique ait changé du tout au tout. Assumons que l’éditeur et le détaillant se partagent toujours la part du lion. Le distributeur, le manufacturier et le propriétaire de la plate-forme, s’il y en a un, reçoivent quelques dollars chacun. Enfin, si le jeu a été développé par un studio de tierce partie (i.e., qui n’appartient pas à l’éditeur), et que le contrat de développement spécifie des royautés, celles-ci peuvent aller de quelques points de pourcentage jusqu’à 10 ou 15%… À condition, dans la quasi-totalité des cas, que les ventes du jeu aient déjà permis de récupérer les avances versées par l’éditeur en cours de production. Ce qui est loin d’arriver à tous les coups, mais ça, c'est une autre histoire...

Source: The Consumerist