Quelle est la véritable ampleur du piratage de jeux vidéo?

Le problème n'est peut-être pas aussi grave que l’affirment les représentants de l’industrie. C’est du moins ce que semble indiquer une étude menée par trois chercheurs universitaires, dont un informaticien de l’Université de Waterloo, en Ontario.

 
Pour évaluer l’importance du piratage, les chercheurs ont analysé le trafic BitTorrent de 12,6 millions d’usagers pendant une période de trois mois, à la fin de 2010 et au début de 2011. (On présume qu’il a fallu du temps pour distiller toutes ces données et préparer l’article scientifique pour publication, ce qui explique le délai.) Ils ont ainsi mesuré l’activité illicite concernant un total de 173 jeux publiés sur 14 plates-formes différentes.
 
Résultat: les dix jeux les plus populaires auprès des pirates ont généré 41,8% de tout le trafic, et les jeux mieux cotés par la critique sont piratés plus souvent. Les chercheurs ne peuvent pas évaluer les ventes perdues par les éditeurs, mais on peut présumer qu’elles sont significatives dans ces cas-là.
 
Par contre, un tiers des jeux visés par l’étude ne se sont pas retrouvés sur les torrents du tout, tandis que la grande majorité des autres ont été échangés moins de 50 000 fois. L’un des co-auteurs affirme donc que les statistiques sur le piratage publiées par l’industrie sont trop élevées.
 
Il s’agit d’une rare étude indépendante sur le phénomène; ses conclusions risquent de faire jaser...