Questions et réponses avec l'équipe de Star Trek : Discovery

par Patrick Robert le 8 septembre 2017

Bien peu d’informations ont filtrées sur Star Trek : Discovery, mais pour en savoir un peu plus sur la série en attendant sa diffusion le 24 septembre, voici un résumé de la session de questions et réponses du Comic Con de San Diego mettant en vedette les producteurs, ainsi que les acteurs principaux de l’émission, dont Sonequa Martin-Green, Jason Isaacs, James Frain, Anthony Rapp et Doug Jones.

 

San Diego Comic Con

 

Sonequa, comment as-tu réagi en apprenant que tu avais été engagée sur Discovery, et que tu joindrais une franchise aussi vénérable que Star Trek?

Sonequa Martin-Green : J’étais dans un restaurant de Buenos Aires avec mon mari et mon fils quand j‘ai reçu l’appel. Mon fils a d’ailleurs filmé toute la scène sur son téléphone. J’ai réagi comme ça (elle se met à crier hystériquement en levant les bras au ciel). J’ai aussi pleuré un peu. 

Comme l’émission se passe dix ans avant la série originale, a-t-il été compliqué de concilier la technologie moderne et l’avancement des effets spéciaux avec le look des années 1960 de la série originale? 

Alex Kurtzman : Nous sommes les plus grands fans de la série originale, et nous nous en inspirons beaucoup pour Discovery. Évidemment, nous voulons être précis, et respecter la mythologie de l’émission originale, mais des débats éclatent tous les jours entre les auteurs et les producteurs, à propos de ce que nous pouvons faire ou pas… En même temps, nous devons reconnaître que si l’on utilise le même genre de décors que dans les années 1960, vous ne serez pas très satisfaits avec l’émission. Nous sommes toujours en train de débattre pour garder cet équilibre, mais, comme vous le verrez, nous sommes très fidèles à la série originale. 

 

San Diego Comic Con

 

Il y a eu beaucoup de capitaines dans l’univers de Star Trek. De quelle façon le capitaine Lorca est-il différent?

Jason Isaacs : Je pense que c’est le plus taré de tous les capitaines jusqu’à maintenant (rires). C’est un homme compliqué qui vit une histoire compliquée, et qui reflète bien notre époque. Vous savez, quand Star Trek a vue le jour dans les années 1960, la société connaissait de grands bouleversements, et notre émission reflète ça aussi, tout comme les personnages. C’est un homme qui est né durant la guerre, qui a été forgé par le conflit. Ça en fait un excellent leader, mais ça donne aussi beaucoup d’aspects tranchants à sa personnalité.  En fait, il n’est pas comme tous les autres capitaines, parce que c’est moi qui le joue (rires). 

Vous poussez encore plus loin l’idée de diversité avec la distribution et l’histoire de Star Trek : Discovery, en parlant de race ou d’orientation sexuelle, ce qui a suscité plusieurs réactions négatives dur Internet… Qu’en pensez-vous? Peut-être que l’un des innombrables producteurs pourrait nous en dire davantage (rires)?

Sonequa Martin-Green : L’un des innombrables producteurs va sûrement répondre après moi (rires), mais oui, Star Trek a toujours dépeint la diversité, l’universalité, et l’unité. Je crois que c’est l’une des raisons pour laquelle l’émission est encore aussi importante aujourd’hui pour un si grand nombre de gens. Si vous dites que vous appréciez l’héritage de la série, mais que vous n’aimez pas ce portrait de la diversité, il y a quelque chose que vous n’avez pas compris (applaudissements). Et je vous invite à nous rejoindre. Faites le voyage avec nous. Avec un peu de chances, vous en apprendrez un peu plus sur vous-même et les gens qui vous entourent, parce que c’est le message de notre série (applaudissements).

Akiva Goldman : Je suis un peu surpris par toutes les réactions négatives que nous avons récoltées, parce que, si vous aimez la science-fiction, c’est que vous aimez vous imaginer dans la peau d’une toute autre personne, et Star Trek a été bâtie sur l’empathie. C’est la grammaire primaire de l’émission, de montrer comment nous sommes tous les mêmes, et comment nous devons accepter les différences des autres et trouver un terrain commun. Ces réactions en disent plus long sur la culture de l’Internet que celle de Star Trek, parce que Star Trek parle de la façon dont nous surmontons mieux les épreuves ensemble (applaudissements).

 

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Discovery se déroule durant la guerre avec les Klingons. Est-ce qu’ils parleront anglais, ou en Klingon avec des sous-titres, et pouvez-vous nous en dire un peu plus sur cette race?

Gretchen J. Berg : Pour l’histoire que nous racontons dans cette saison de Discovery, il était très important pour nous que les Klingons parlent leur langue. Dès le début, quand nous avons commencé à élaborer l’univers de la série, il était très important pour les auteurs de montrer les Klingons sous un jour légèrement différent. Ils ne sont pas seulement les bandits de l’univers. Ils ont aussi leur orgueil, leurs propres intérêts, leurs talents… C’est une culture fascinante. Plus nous l’explorons, plus nous en sommes fiers, et j’espère que vous apprécierez la façon dont nous avons élaboré les Klingons à partir de ce qui a déjà été établi dans les autres séries. Donc, oui, vous devrez sortir vos lunettes pour lire les sous-titres (rires). 

Doug, peux-tu nous-en dire plus sur Saru, l’extraterrestre que tu joues dans Discovery? Comment as-tu créé le personnage? J’ai cru comprendre qu’il possède une démarche plutôt particulière? De quelle race est-il? Les Crimepoffs? Les Kremlins?

Doug Jones : Saru est un Kelpien… Les Kremlins (rires)?! En tant que Kelpien, une race qu’on n’a jamais vue dans aucune autre des séries de Star Trek, mes pieds sont en fait des sabots, ce qui me surélève, et dans l’émission, je dois mesurer un bon six pieds et huit pouces… Je suis le plus grand personnage de la série, parce que je porte des talons hauts virtuels : je joue toutes mes scènes en équilibre sur la pointe de mes pieds, et pour conserver l’équilibre, je dois pousser ma poitrine vers l’avant. C’est ce qui me donne cette démarche assez particulière (il fait une démonstration sur scène). 

 

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Anthony, que peux-tu nous dire sur ton personnage, et celui-ci aura-t’il une relation amoureuse avec un autre membre de l’équipage?

Anthony Rapp : C’est très intéressant que tu me poses cette question maintenant, parce que je peux enfin en parler, on m’a donné la permission! Un acteur incroyable, que je connais depuis un bon vingt ans, que les plus vieux d’entre vous connaissent pour sa participation à la série My So Called Life, Wilson Cruz, va interpréter mon partenaire. Nous sommes un couple d’officiers dans Discovery. Donc, oui, mon personnage du lieutenant Stamets est le tout premier personnage ouvertement homosexuel de toute l’histoire de Star Trek (applaudissements). Et j’en suis très fier.

Sonequa, comment décrirais-tu ta relation avec le capitaine Georgiou, interprétée par Michelle Yeoh?

Sonequa Martin-Green : On aime tellement Michelle Yeoh, non (applaudissements)? Elle est fantastique, c’est une femme phénoménale. Nous sommes extrêmement proches dans l’émission. Tout de suite après avoir gradué de l’Académie des sciences de Vulcain, j’ai a été engagée à bord du Shenzhou (NDLR : le vaisseau du capitaine Georgiou), et elle m’a littéralement prise sous son aile. Je lui suis absolument dévouée, à travers mon père adoptif, Sarek, qui m’a élevée sur Vulcain après la mort de mes parents et qui m’a confiée à elle. Nous partageons donc des liens très forts, très proches de ceux qui relient une mère à sa fille.

 

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Parlant de Sarek, est-ce qu’il a été difficile d’interpréter le père de Spock, un personnage que l’on a déjà vu dans les films?

James Frain : On connaît le vieux Sarek, on sait où sa trajectoire le mènera, mais Discovery explore plutôt sa jeunesse, qu’on connaît beaucoup moins. J’ai toujours trouvé fascinant qu’il marie une humaine. Ça faisait partie du bagage de Spock dans la série originale, mais c’est une chose extraordinaire pour un Vulcain, de tomber en amour avec une humaine. Qui était donc ce gars? Chaque épisode nous apprend un peu plus sur ce personnage complexe. En plus d’être tombé en amour avec une humaine, il s’occupe aussi de l’éducation d’un enfant humain, qu’il a adopté… C’est un personnage que je trouve vraiment très complexe, et qui me fascine énormément.  L’idéal de logique des Vulcains est bâti sur des siècles de tradition, mais la réalité, c’est qu’ils ont toujours des émotions, et qu’ils doivent composer avec ces émotions. Et je pense que Sarek est déchiré par un conflit intérieur, justement parce qu’il a laissé entrer des humains dans sa vie personnelle. 

 

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En terminant, il existe une étrange rivalité entre les fans de Star Wars et ceux de Star Trek… Quel est votre point de vue sur la question?

Alex Kurtzman : Et bien, c’est facile, Star Trek est meilleure (rires et applaudissements)… Non, la vérité, c’est que j’étais un fan de Star Wars bien avant de devenir un « Trekkie », et j’ai un amour profond pour ces deux franchises. J’ai toujours pensé qu’il y avait assez de place pour les deux, et vous avez le droit d’aimer les deux de manière égale. Les deux univers abordent des thèmes très différents. C’est un peu comme comparer des pommes et des oranges. Je comprends qu’on veuille en débattre, mais si les gens doivent absolument choisir un camp, ils devraient définitivement se ranger du côté de Star Trek (rires)