Réunion stellaire de Trois-Rivières : Conférence de Michael Shanks

Connu pour le rôle de Hawkman dans Smallville, mais surtout pour son interprétation du docteur Daniel Jackson dans la très populaire série La porte des étoiles, le comédien Michael Shanks était l’une des têtes d’affiche de la Réunion Stellaire qui se tenait cette fin de semaine à Trois-Rivières. C’est dans une atmosphère des plus conviviale qu’il a répondu aux questions des fans. Ztélé était présent à l’événement, dont voici un large extrait.

Il y a eu un retard dans la présentation des conférences, ce qui a causé un malentendu quand Michael Shanks a interrompu à la blague le panel de Torri Higginson, Andee Frizzell et Jewel Staite, pour demander pourquoi on accordait tant d’importance à des comédiennes qui n’avaient joué que quelques épisodes dans une émission, alors que lui comptait plus de dix ans d’expérience dans le même rôle. Les femmes de La porte d'Atlantis ont pris l’acteur au mot, et ont toutes trois quittées, le laissant seul sur la scène!
 
Michael Shanks : Bonjour! Je m’appelle Michael Shanks, et je suis un trou de cul (rires et applaudissements)! Maintenant que ça a été dit, quelqu’un a une question à me poser (rires)?
 
Personne du public : Je voudrais savoir avec quel acteur c’était le plus difficile de jouer, et avec quel acteur c’était le plus facile?
 
Michael Shanks : Pour le plus difficile, je vais aller du côté de La porte d'Atlantis, et prendre David Hewlett (rires), mais je vais vous expliquer pourquoi. David est manifestement bourré de talent, et il connaît très bien son métier. Mais il parle encore plus vite que moi. Habituellement avec les autres acteurs, je débite ma réplique trop rapidement, et ils me dévisagent avec incompréhension. Mais David est pire que moi. Chaque fois, je me demandais «Qu’est-ce qu’il vient de dire? ». J’étais incapable de le comprendre. Est-ce que vous pouviez le comprendre? Ah oui, c’est vrai, c’était traduit, mais étiez-vous capables de le comprendre?
 
Cris dans la salle : Oui!
 
Michael Shanks : Vous le compreniez? Vraiment? J’étais juste à côté de lui, et j’étais incapable de saisir ce qu’il disait. Donc, David Hewlett est probablement l’acteur avec qui j’ai eu le plus de difficulté à travailler. La personne avec qui c’était le plus facile est probablement Claudia Black, parce qu’elle est pleine d’énergie et d’idées, elle s’amuse toujours. J’ai eu beaucoup de plaisir à tourner avec elle pendant les dernières années de l’émission. 
 
Personne du public : Comment réagissiez-vous en lisant les nombreuses morts de votre personnage dans le scénario?
 
Michael Shanks : Je vais vous raconter une anecdote. Nous nous rendions à la tournée médiatique du Television Critics Association à Pasadena. Les acteurs et les producteurs étaient tous dans l’avion. Brad Wright, l’auteur de la série, sort un scénario de son sac et me dit « Tiens, lis ça. Lis seulement l’ouverture ». Il me passe le scénario de l’épisode Fire and Water. Si vous vous rappelez l’introduction, on voit O’Neill et Carter déposer un rameau sur la porte des étoiles pour les funérailles de Daniel Jackson. Quand j’ai lu la scène, j’ai demandé « Qu’est-ce que c’est que ça? », et Brad m’a dit « Redonne-le moi! Redonne-moi mon scénario! » (rires). Je lui ai répété la question. Il m’a regardé avec un sourire malin, et a refusé de m’en dire davantage. 
C’est à ce moment que je me suis rendu compte que mes patrons prenaient un vilain plaisir à assassiner leurs personnages. Daniel est mort souvent. C’était presque comme Kenny dans South Park, « Ils ont tué Daniel! Oh mon Dieu! ». Dès qu’on abordait un univers parallèle, une réalité alternative, un voyage dans le temps, mon personnage finissait toujours par mourir. Les producteurs adoraient ça (rires). 
 
Personne du public : Quel est votre moment préféré, ou le plus drôle pour vous, de la série La porte des étoiles?
 
Michael Shanks : Mmm… C’est deux choses distinctes. Mon moment préféré est probablement… Il y a la fois où j’ai embrassé Morena Baccarin, c’était assez cool (rires). Non, écrivez seulement que c’était correct (rires). C’est une bonne question, mais c’est une question difficile… Allons-y avec mon moment le plus drôle. Je ne sais pas si vous avez vu le blooper de la scène où Amanda Tapping et O’Neill se trouvent sur une planète de glace, et qu’elle fait une référence directe à MacGyver (rires). C’était pas mal comique. 
 
C’est compliqué de choisir un moment préféré, parce qu’il y en a tellement. Quand on est acteur, ça implique beaucoup de travail, mais en même temps, on a parfois l’opportunité de faire des trucs où l’on se dit « Ils me payent pour faire ça! » (rires). Par exemple, dans l’épisode The Curse, j’ai eu la chance de prendre le volant et de conduire un 4x4 dans des dunes de sable. On a passé une journée complète dans le cockpit d’un F-15, on a rencontré des généraux de l’armée de l’air, on a visité la NASA. On eu l’occasion de vivre tellement de choses incroyables grâce à cette série que c’est difficile de choisir un seul moment que j’ai préféré.
 
Personne du public : Si vous aviez le choix, que rôle aimeriez-vous jouer?
 
Michael Shanks : Indiana Jones (rires)!
 
Personne du public : Connaissiez-vous Hawkman avant d’obtenir le rôle, et sinon, comment vous êtes-vous préparé?
 
Michael Shanks : Je connaissais peu le personnage. Je lisais des bandes dessinées, mais j’étais plus du genre Marvel. Je ne connaissais pas beaucoup l’univers de DC, à part évidemment Batman et Superman, et les dessins animés du Justice League. Je ne savais donc pas grand-chose de Hawkman. Je me souvenais avoir lu des bandes dessinées du Justice League où il apparaissait, quand j’avais cinq ans, chez le barbier.
 
J’ai donc eu pas mal de rattrapage à faire. J’ai trouvé son histoire très alambiquée et étrange. Dans une version, il est la réincarnation d’un prince qui régnait il y a trois mille ans; dans une autre version, c’est un extraterrestre qui vient de la planète Vanguard. Et les deux origines s’entremêlent à différents moments de son histoire. C’est assez singulier. Les auteurs de Smallville ont opté pour la version du prince et ont suivi cette voie pendant un moment, mais c’était quand même assez éclaté. 
 
Ma première réaction a été « Quel costume saugrenu, il ne porte qu’un genre de ceinturon sur la poitrine et des sous-vêtements » (rires). Ils ont ajouté une armure au personnage, parce que je devais porter quatre harnais différents. On accrochait les câbles au premier pour les scènes aériennes, le second harnais servait pour les ailes, qui pesaient environ 75 livres et étaient parfois manipulées par un marionnettiste. Il fallait ajouter une autre couche seulement pour me protéger de la friction des deux premiers harnais. Ils ont donc dû concevoir une armure pour dissimuler tout ça. 
C’était une bonne idée, mais je devais quand même porter ce costume massif. Dans le dernier épisode, Icarus, ils ont finalement trouvé la bonne méthode en ajoutant les ailes par ordinateur, ce qui était beaucoup mieux. Beaucoup. Parce que c’était physiquement impossible de se battre avec les ailes, ça avait l’air ridicule. Parfois en atterrissant, je titubais, ou je tombais. C’était vraiment très héroïque (rires). Se battre avec ces costumes devenait absurde, parce qu’ils étaient tellement lourds à porter, puis on renversait tout sur notre passage… Ça a été la chose la plus compliquée pour ce rôle.
 
Personne du public : Il y a eu une large mobilisation quand vous avez quitté La porte des étoiles à la fin de la cinquième saison. Comment vous êtes-vous senti?
 
Michael Shanks : Quand on joue au théâtre, il y a un public, une réaction immédiate. Quand tu travailles pour la télévision et le cinéma, tu bosses avec les mêmes personnes chaque jour, et tu finis par oublier un peu que tu fais ça pour un public. C’est seulement lors de conventions, en lisant des trucs sur Internet ou en recevant du courrier de fans qu’on peut savoir réellement leur réaction. Nous connaissons les cotes d’écoute, combien de personnes nous regardent, mais on ne sait jamais ce qu’elles pensent. Quand j’ai décidé de quitter l’émission, c’était une décision personnelle, basée sur mon cheminement artistique, mais quand j’ai vu la réaction des fans, c’était la première fois que je constatais l’affection des téléspectateurs pour le personnage. J’ai été très flatté.
 
Personne du public : L’émission a duré un bon dix ans. Si elle était renouvelée pour une autre décennie, seriez-vous prêt à mourir aussi souvent?
 
Michael Shanks : Oh, et puis, pourquoi pas (rires)! Je ne m’en fais pas trop avec ça, parce que je sais que c’est terminé, mais si nous devions tourner encore pour un autre dix ans, j’espère que Daniel décèderait un peu moins fréquemment. Mon personnage est mort moins souvent dans les dernières années qu’au début, donc, je pense que ça finirait par s’équilibrer, mais… on ne sait jamais. Je sais que durant les dernières saisons, Rob Cooper écrivait davantage les épisodes, alors que pour les sept premières, c’était principalement Brad Wright. Je soupçonne donc Brad Wright d’être derrière toutes ces morts (rires).  
 
Personne du public : Votre personnage porte des lunettes, c’est un intellectuel… Je ne comprends pas pourquoi il a autant de succès auprès des femmes…
 
Michael Shanks : Pourquoi les femmes aiment le docteur Jackson?
 
Cris dans la salle: Il est sexy!
 
Michael Shanks
 
Michael Shanks : Apparemment, c’est parce qu’il est sexy (rires et applaudissements). Je ne suis peut-être pas la personne à qui il faut poser cette question (rires)… 
 
Personne du public : Avez-vous fait beaucoup de recherches pour le rôle de Daniel Jackson?
 
Michael Shanks : Non. Je me suis pas mal documenté au début, mais quand on a commencé à tourner, je me suis rendu compte que c’était un peu inutile. Peu importe ce que je lisais dans un ouvrage scientifique, il fallait balancer tout ça par la fenêtre, parce qu’on en faisait une version bâtarde. À part lire le scénario pour comprendre de quoi il en retournait exactement, ça ne servait à rien de faire des recherches. La majorité de mes recherches ont surtout été utiles lorsque j’ai participé à l’écriture de l’émission. 
 
J’ai pu plonger dans les livres qui exploraient la mythologie, les mystères de l’archéologie, des documentaires de Discovery Channel sur les traces anciennes d’extraterrestres, des choses comme ça, pour trouver de bonnes histoires qui pourraient prendre place dans l’univers de La porte des étoiles. Il fallait dévorer des tonnes de matériel pour trouver des sujets qui n’avaient pas été déjà abordés. C’est surtout à ce moment-là que j’ai fait l’essentiel de mes recherches. 
 
Personne du public : Quelle est votre équipe préférée dans La porte des étoiles, l’originale ou celle des dernières saisons?
 
Michael Shanks : C’est difficile de répondre à cette question, parce qu’elles sont tellement différentes. La dynamique aussi était très différente. J’ai personnellement beaucoup apprécié la dernière saison, à cause de la présence de Claudia (Black), et le plaisir que j’ai eu à travailler avec elle. En plus, comme l’intrigue portait surtout sur la mythologie, mon personnage prenait davantage l’initiative, alors qu’auparavant, il demeurait un peu plus en retrait. Mais j’ai aussi apprécié la dynamique de l’équipe originale. 
 
J’ai certainement apprécié jouer avec Rick (Richard Dean Anderson). Le souvenir de la dernière saison est encore frais dans mon esprit, mais j’ai eu énormément de plaisir avec les comédiens des deux équipes. Comparer Don Davis et Beau Bridges est impossible. Je les aime tous les deux, et je dois aussi avouer que j’ai aussi aimé les deux docteurs. Teryl (Rothery) a été merveilleuse pour l’émission, et je suis légalement forcé de dire que j’aime le docteur Lam, interprétée par mon épouse (Lexa Doig). Je suis obligé de le dire (rires). Non, sérieusement (rires). Est-ce qu’une personne dans la salle peut tweeter que j’aime ma femme (rires)? Je l’aime énormément (applaudissements).
 
Personne du public : Au nombre de fois où votre personnage est mort, avez-vous déjà eu peur de perdre votre emploi?
 
Michael Shanks : Non. Plus il m’arrivait de mourir, moins ça me rendait nerveux. Je me demandais surtout de quelle façon ils allaient me tuer cette fois-ci, il n’y avait plus d’effet de choc. La seule fois où ça m’a vraiment préoccupé, c’est lorsque j’étais invité sur La porte d'Atlantis. Je me suis dit « Attends une minute. Je ne joue pas un personnage régulier dans cette émission. Ils peuvent me tuer ici! Merde! » (rires). C’est la seule fois où je lisais le scénario avec un peu d’appréhension, mais le reste du temps, non, c’était une blague, du genre « Une tonne de brique vient de lui tomber dessus. C’est horrible, ha ha ha! » (rires). 
 
Je dois avouer que ce qui commence à m’inquiéter, pas seulement avec La porte des étoiles, mais dans l’ensemble des émissions dans lesquelles j’ai joué, c’est que mes personnages ont la fâcheuse manie de mourir. Burn Notice, Smallville, Red Riding Hood, La porte des étoiles… Merde (rires)! Je n’ai pas joué dans beaucoup d’émissions où mon personnage n’est pas décédé… Dans Saving Hope, je commence pratiquement la série en mourant! Ça ne prend même pas cinq minutes, et je suis déjà dans le coma (rires)! Est-ce que j’ai une cible dans le dos (rires)? Sérieusement, ça commence à m’inquiéter… Est-ce que je fais affaire avec une agence de casting spécialisée dans les personnages qui décèdent (rires)? Je l’ignore. Le jour où je vais mourir pour vrai, les gens vont lire la chronique nécrologique et resteront incrédules, en pensant « Shanks, arrête de déconner » (rires).