Saturé, le marché des tablettes?

Peut-être pas encore, mais les années de croissance débridée tirent à leur fin, surtout en Amérique du Nord où le point de saturation semble s’approcher dangereusement. C’est du moins la conclusion d’une étude de la firme de recherche et d’analyse de marché IDC, qui compile les statistiques de ventes de l’industrie.
 
Non, les Samsung et Apple de ce monde ne sont pas à la veille de faire faillite, loin de là, puisque les ventes mondiales de l’industrie (en unités) ont tout de même augmenté de 28,2% au dernier trimestre de 2013 par rapport à celui de 2012. Mais quand on considère que l’augmentation avait été de 87,1% l’année précédente, on constate que les manufacturiers auront sans doute la vie moins facile à l’avenir.
 
Quand on lit entre les lignes de l’étude, on comprend que le succès de l’industrie constitue son propre problème: si les consommateurs des États-Unis, du Japon, de l’Europe et du Canada ont acheté massivement des tablettes au cours des dernières années, beaucoup d’entre eux en sont encore satisfaits et n’ont pas l’intention de passer à de nouveaux modèles à court terme. Les compagnies qui sont bien positionnées en Chine et dans les autres marchés émergents où relativement peu de gens ont déjà fait le saut, comme Lenovo, risquent donc de connaître plus de succès en 2014 et en 2015 que les fabricants comme Amazon qui se concentrent sur les marchés «matures» — d’ailleurs, les ventes de tablettes Kindle Fire d’Amazon ont déjà plafonné en 2013 par rapport à 2012.
 
Chose certaine, comme c’est le cas pour les téléphones intelligents, la différence entre une génération de tablettes et la suivante est de moins en moins évidente puisque la plupart des produits satisfont la plupart des besoins de façon tout à fait adéquate. À moins d’une innovation aussi impressionnante qu’improbable, on arrivera bientôt au point où les consommateurs se contenteront de remplacer des tablettes brisées ou vraiment désuètes plutôt que de «mettre à jour» à chaque année pour obtenir des fonctionnalités supplémentaires.
 
Source: IDC