StarCraft II

par François Dominic Laramée le 11 août 2010

Je vais vous faire une confidence: je n’avais pas tellement aimé le premier StarCraft. Pas parce que j’avais quelque chose de particulier à lui reprocher; c’est seulement que je n’avais pas accroché.

StarCraft II, lui, j’ai accroché.
 
Si vous ne faites pas partie des quelque 1,5 millions de gamers qui ont acheté le jeu dans les 48 heures suivant son lancement , vous avez ma bénédiction pour arrêter de lire ce billet le temps de démarrer le téléchargement de StarCraft II sur Battle.Net. Si votre ordinateur est capable de supporter la charge de travail, évidemment; la configuration minimale recommandée est plutôt costaude. Allez, dépêchez-vous. Vous reviendrez après.
 
Revenus? Excellent. Pendant que le jeu s’installe sur votre machine, laissez-moi vous dire ce que j’en ai pensé.

La nature du jeu

 
Évidemment, on ne réinvente pas la roue ici: StarCraft II est un jeu de stratégie en temps réel qui respecte toutes les conventions du genre, que ce soit en matière d’interface (impeccable, soit dit en passant) ou de gameplay. On passera beaucoup de temps à récolter des ressources naturelles, à découvrir des nouvelles technologies, à construire des édifices qui augmenteront nos capacités de production et de recherche, etc.
 
Et il faut aller vite, parce que nos adversaires, eux, savent très bien ce qu’ils font, que l’on joue en ligne ou contre l’intelligence artificielle (diablement efficace, même aux niveaux de difficulté intermédiaires.)

La campagne

Heureusement, on peut commencer par la campagne en solo et par les missions-défis, histoire d’apprendre à maîtriser les différentes unités et à développer des tactiques efficaces. Le premier tiers de la campagne en solo est composé de missions relativement simplistes: escorter des réfugiés, récolter des minéraux, etc. Rien de bien taxant pour le néocortex, puisqu’on se concentre sur une ou deux tâches à la fois, mais il y a toujours quelque chose de particulier dans le décor pour distinguer les missions de StarCraft II de celles que l’on voit dans un jeu de stratégie moyen: par exemple, des coulées de lave qui rendent certains endroits de la carte inhabitables pendant quelques secondes à toutes les 5 minutes, histoire de nous convaincre de ne pas laisser nos ouvriers sur le pilote automatique. L’intelligence artificielle est aussi passablement généreuse pendant ces missions initiales. Vers le milieu de la campagne, par contre, ça se corse: là, il faut réfléchir (et réagir) vite.
 
StarCraft II
 
La mécanique de campagne est aussi très satisfaisante: en réussissant des missions, on obtient des crédits qui nous permettent d’engager des mercenaires (des unités plus puissantes que la normale, mais dont on ne peut construire que quelques escouades par mission) et de développer des mises à niveau pour nos troupes. Le scénario n’est pas piqué des vers non plus; les bulletins de nouvelles partiellement censurés qui s’affichent sur les écrans de télé à bord du vaisseau de Raynor contiennent d’assez savoureux commentaires sur la politique internationale d’aujourd’hui.

Le jeu libre

Je vous conseille fortement de passer au travers de la campagne (ou du moins, d’une quinzaine de ses missions) avant de vous risquer dans le jeu libre, surtout si vous n’êtes pas très familier avec l’univers de Starcraft. En effet, choisir la bonne séquence de développement d’une colonie, savoir équilibrer la construction d’unités militaires, de bases et de travailleurs, privilégier les recherches scientifiques les plus pertinentes compte tenu de l’ennemi auquel on fait face, ce n’est pas de la tarte…
 
Et c’est là que l’on rencontre la principale difficulté du jeu: tout le matériel préparatoire, ou presque, est développé du point de vue des humains. Or, la particularité du monde de Starcraft, c’est que les trois “races” que l’on peut jouer sont très différentes et que les stratégies à employer quand on dirige une armée Zerg ou Protoss n’ont pas forcément grand chose en commun avec ce que les humains devraient faire dans les mêmes circonstances. J’avais oublié la terreur qu’inspire une horde de petits Zergs ultra-rapides… Mais là, je n’oublierai plus!
 
Autrement dit: après avoir complété la campagne, jouez contre l’intelligence artificielle en contrôlant les humains, puis “graduez” aux autres espèces plus tard. À moins de les connaître déjà par coeur. Et ne vous risquez en ligne contre des adversaires humains que lorsque vous aurez maîtrisé le tout, sinon vous ne ferez pas long feu!

L’équilibre des forces

Si mes souvenirs sont bons, les plans initiaux pour le premier StarCraft mentionnaient 4 ou même 6 races jouables… Mais les développeurs ont modéré leurs ambitions quand ils ont constaté jusqu’à quel point il était difficile de bien équilibrer des races aussi différentes. Trois races, ça veut dire trois combinaisons d’adversaires (Humain vs Zerg, Humain vs Protoss, Protoss vs Zerg). En ajouter une quatrième aurait doublé le nombre de paires - et probablement décuplé la complexité.
 
Ceci dit, jusqu’ici, j’ai bien l’impression que le travail d’équilibrage a été très bien fait. Tout le monde peut battre tout le monde en jouant intelligemment. Pas pour rien que SC2 est en développement depuis aussi longtemps!
 

L’impression générale 

StarCraft II, c’est du travail de pro: la musique est belle (et elle continue à jouer en arrière-plan quand on entreprend une conversation avec un personnage pendant la campagne; joli détail de finition), la réalisation est sans faute, je n’ai pas rencontré le moindre bogue en une semaine de jeu. Ceci dit, mon nouveau iMac avec Core i7 (4 coeurs, 4 Go de RAM, carte graphique Radeon HD 5750) me recommandait de me contenter d’une qualité visuelle “moyenne”… Et pourtant, il n’y a pas TANT de contenu que ça à l’écran; en tout cas, rien pour justifier une consommation de ressources pareille. Je me suis tout de même “risqué” à choisir des options plus avancées en matière d’effets spéciaux, etc.; jusqu’ici, ma carte graphique n’a pas fondu, mais j’ai quand même l’impression que le travail d’optimisation du code n’a pas reçu l’attention qu’il aurait mérité.

La version fraçaise 

En terminant, plusieurs d’entre vous m’avez signalé un irritant majeur pour les Québécois francophones: la version française du jeu est verrouillée et ne permet de se connecter qu’à des serveurs européens. Bonjour le délai de transmission… Ayant acheté la version anglaise, je n’ai pas pu constater la chose moi-même. Mais il semble bien qu’il faudra, pour le moment, se contenter de la version anglaise si on veut jouer en ligne sans délais excessifs, et attendre qu’un “language pack” permette de lui appliquer des textes en français. Quand? Mystère…