Toyota Avalon 2013

L’Avalon est loin d’être le modèle le plus connu chez Toyota, même si elle occupe le haut du pavé en termes de luxe et de prix. Si au Canada la vente de ce modèle a toujours été marginale, l’Avalon connait un peu plus de succès chez nos voisins du Sud, lesquels apprécient davantage les vertus des voitures plus imposantes. Alors qu’on croyait beaucoup plus probable l’abandon pur et simple du modèle, Toyota continu de croire en l’Avalon : non seulement elle nous est présentée sous une nouvelle génération pour 2013, mais le constructeur prétend en faire son modèle phare, celui qui inspirera les acheteurs et qui représentera le nouveau Toyota. Voilà tout un défi!

Tout comme c’est le cas avec ses rivales que sont notamment les Nissan Maxima, Ford Taurus et Volkswagen Passat, l’Avalon s’inscrit dans un créneau plutôt difficile ces dernières années, surtout depuis l’arrivée des divisions de luxe (Acura, Lexus, Infiniti).  Les Honda, Toyota et Nissan ont certes d’intéressantes qualités, mais à prix similaire, plusieurs préfèrent se tourner vers les modèles arborant un logo plus prestigieux. Une Avalon ou une Lexus ES? Une Nissan Maxima ou une Infiniti G? Pour certains, le choix est simple, surtout que l’image et le prestige demeurent un critère très important lors de l’achat d’une voiture. On s’achète une voiture, un style mais aussi une marque.

 

La plus américaine des Toyota


Quoi qu’il en soit, le constructeur nippon croit fermement qu’il existe des acheteurs à la recherche d’une Toyota haut de gamme et pour qui le prestige a plus ou moins d’importance et que par conséquent, l’Avalon mérite une nouvelle chance. Il faut avouer que le constructeur n’a ménagé aucun effort et que tout a bien été étudié. Primo, afin que l’Avalon soit attrayante par rapport à la Lexus ES, on a abaissé son prix de près de 5 000 $ (- 11 %), ce qui rend son prix de base inférieur de 3 000 $ face à la Lexus ES. On a aussi rehaussé son niveau d’équipement de série, vous en avez donc un peu plus pour votre argent. Dommage pour ceux qui ont acheté une Avalon en 2012!

Afin de s’assurer qu’elle plaise aux acheteurs nord-américains, l’Avalon a été dessinée, conçue et construite en Amérique du Nord, ce qui en fait sans aucun doute la plus américaine des Toyota. Pour 2013, l’Avalon, qui emprunte toujours la plateforme de la Camry et de la Lexus ES, voit toutes ses dimensions légèrement réduites par rapport à l’ancien modèle, lui procurant ainsi une allure plus compacte, surtout qu’on a élargi les voies avant et arrière. Au chapitre du style, on a voulu s’éloigner du design très conservateur de la précédente génération pour tenter d’augmenter la clientèle et surtout de la rajeunir. La silhouette de cette voiture est beaucoup plus en rondeurs et son toit courbé lui donne un aspect plus dynamique. On a d’ailleurs grandement amélioré le coefficient de trainée.

Difficile de se méprendre avec l’ancienne génération. À l’avant, on remarque rapidement la nouvelle grille d’air pleine largeur, plus imposante est positionnée plus haut. Son style n’est pas sans rappeler celui de la nouvelle Ford Fusion. L’autre élément qui démarque cette nouvelle Avalon est ses blocs optiques, composés de quatre projecteurs rectangulaires et d’une bande de DEL en guise de feux de jour. On a également raffiné l’arrière avec des feux typiques à ceux de chez Lexus et l’ajout d’un échappement double. Certes, on a apporté une belle touche de modernisme à la voiture, mais il en faudrait bien plus pour réduire sensiblement la moyenne d’âge des acheteurs et changer l’étiquette qui colle toujours à cette voiture...

 

Du beau boulot à l’intérieur


Un des points forts de la voiture touche son intérieur. Le tableau de bord est réussi à tous les chapitres, tant pour l’agencement que pour la qualité des composantes. On a réellement l’impression d’être dans un modèle de luxe. On apprécie les matériaux souples du tableau de bord ainsi que son singulier design, notamment en raison de la superposition des éléments et de leur intégration. Le tout semble sculpté!

La partie basse du tableau de bord intègre le nouveau bac eBin, un compartiment comportant une prise USB et deux prises 12 volts. L’innovation tient du fait que l’on peut rabattre un couvercle souple qui masque les fils et sur lequel on peut placer nos appareils électroniques en toute sécurité.

L’instrumentation est tout aussi bien pensée, avec une allure moderne qui utilise un affichage au DEL. Tout est simple à lire et l’ergonomie est sans faute. Les commandes les plus employées sont simples et accessibles, et les fonctions plus avancées sont réservées à un système multifonction doté d’un écran tactile. Ce système s’avère très intuitif et beaucoup plus agréable à utiliser que les dispositifs équipés d’une molette. Du reste, on apprécie les sièges qui, comme c’est toujours le cas chez Toyota, favorisent le confort en délaissant un peu trop le maintien... Les passagers arrière ne sont pas à plaindre : avec ses généreuses dimensions, l’Avalon leur offre amplement d’espace et de dégagement, même pour les personnes grandes tailles. Bref, difficile de reprocher quoi que ce soit à l’habitacle.

Côté mécanique, rien de nouveau cependant. On retrouve un moteur bien connu chez Toyota, le V6 de 3,5 litres, lequel développe une puissance de 268 chevaux pour un couple de 248 lb-pi. Ce moteur transmet sa puissance aux roues avant par le biais d’une transmission automatique à six rapports. Pour le moment, le rouage intégral, n’est pas au programme. Quant à la version hybride offerte chez nos voisins du Sud, elle ne sera pas proposée ici. D’ailleurs, les hybrides de luxe n’ont toujours pas la cote.

L’Avalon 2013 ne prétend pas être une  berline sport, ce n’est pas sa tasse de thé. Malgré qu’on a légèrement rehaussé sa sportivité, elle reste fidèle à ses origines et maximise avant tout le confort sur route. Elle hérite cette année d’une direction électrique qui bien souvent réduit la sensation de conduite, mais dans le cas de l’Avalon, on l’a bien calibré pour minimiser cet effet.

Le V6 de 268 chevaux est bien adapté à la voiture. Il livre des performances décentes et l’on obtient amplement de puissance en accélération ou lorsque vient le temps de dépasser un autre véhicule. Ce moteur enregistre aussi une consommation raisonnable, soit 8,3 l/100 km en moyenne en conduite combinée. Dans ce segment, plusieurs acheteurs sont à la recherche d’un moteur « premium » déployant plus de puissance mais Toyota n’offre pas cette option et laisse cette alternative à la concurrence. On retrouve trois modes de conduite : Normal, ECO et Sport, qui modifient notamment les réglages de l’accélérateur et de la direction.

 

Passion logique


Chez Toyota, on veut réveiller la passion qui semble manquer dans les produits depuis des années, mais on désire aussi que les véhicules demeurent un choix logique. C’est tout un défi! On a toutefois fait du beau boulot avec l’Avalon, tellement qu’elle pourrait passer pour une Lexus sans problème. Mais il ne sera pas facile pour Toyota de modifier la perception qu’ont les gens de cette voiture, surtout au Canada.