Trois bonnes raisons (et trois mauvaises) pour acheter une voiture électrique

Pour annoncer l’arrivée imminente de sa nouvelle Focus électrique, Ford a fourni un exemplaire de celle-ci comme voiture de tête à la course Sprint de NASCAR à la piste de Richmond en Virginie.

Les voitures à propulsion électrique ne sont désormais plus de simples promesses ou des visions futuristes de certains écologistes. Au moment d'écrire ces lignes, trois modèles sont disponibles chez les concessionnaires, tandis que quelques autres devraient arriver d'ici la fin de l'année. Et la tendance devrait s’amplifier. Pour souligner son implication dans ce domaine, la compagnie Ford a fourni une Focus électrique comme voiture de tête lors de la coupe Sprint de Nascar disputée au circuit de Richmond en Virginie à la fin avril. Il ne s'agissait pas d'une voiture expérimentale puisque ce modèle devrait être commercialisé dans les mois à venir. Mais comme pour toutes les automobiles qui sont proposées aux acheteurs canadiens, il y a de bonnes et de mauvaises raisons pour se procurer un tel véhicule. Je me suis amusé non seulement à trouver trois excellentes raisons pour rouler en voiture électrique, mais également trois autres qui sont mauvaises.


Les bonnes raisons :

La meilleure raison est de vouloir rouler tout électrique afin de réduire la pollution atmosphérique. En effet, on sait tous que l'une des principales causes de la production de gaz à effet de serre est l'infâme CO2. Une automobile électrique alimentée en énergie par des piles ne produit aucune émission nocive. Cela devrait nous inciter sérieusement à acheter un véhicule électrique, pourvu que nos conditions d'utilisation soient en accord avec ce type de voiture. Par exemple, un travailleur autonome travaillant de chez lui et n'ayant pas besoin de se déplacer sur de longues distances est un excellent candidat pour une voiture électrique. On peut également utiliser cette dernière comme second véhicule pour faire des courses ou conduire l'un des membres de la famille à une activité quelconque. Il faut toutefois savoir qu’une voiture électrique pollue quand même. Dans bien des régions au Canada et aux États-Unis, le réseau électrique s’approvisionne à une centrale thermique qui brûle soit du charbon soit du gaz naturel pour produire son électricité, ce qui contribue également à la pollution atmosphérique. Les puristes accusent même notre hydroélectricité de ne pas être aussi propre qu'on le dit.  

Nissan Leaf


La seconde bonne raison de rouler électrique, c’est que l’on prolonge ainsi la disponibilité du pétrole. En effet, le pétrole ne sert pas uniquement à propulser les véhicules. Dans la vie de tous les jours, une multitude de produits sont fabriqués : les plastiques, de nombreux produits synthétiques et que sais-je encore dépendent des champs pétrolifères. En réduisant notre consommation de carburant pour les automobiles, nous pourrons utiliser des produits de consommation courante pendant plus longtemps, ce qui permettra aux chercheurs de trouver des alternatives valables au pétrole présentement utilisé.

Une autre raison d'acheter une voiture électrique est sa simplicité sur le plan mécanique et technique. En effet, bien que l'on considère ces voitures comme étant à l'avant-garde, elles ont recours à une mécanique vraiment élémentaire où il suffit de relier le moteur électrique à des piles. Plus besoin de bougies, de lubrifiants ni de liquide de refroidissement, autant d'éléments qui contiennent des polluants lorsqu'on en dispose en fin de cycle d'utilisation.

Bref, sur le plan strictement écologique, une voiture électrique possède évidemment de nombreux avantages. Par contre, elle est handicapée par un rayon d'action relativement limité et par son prix d'achat, plus élevé que la moyenne, comme pour tout nouveau produit.


Les mauvaises raisons :

Lorsqu'une nouvelle technologie apparaît sur le marché, beaucoup de personnes se précipitent pour en faire l’acquisition et sont amèrement déçues par la suite. Pourquoi? Tout simplement parce qu'elles l’ont acheté pour les mauvaises raisons et sans vraiment connaître les tenants et aboutissants de la technologie en question.

La Volt de Chevrolet

La pire erreur est d’acquérir une voiture électrique pour se démarquer des autres. Au lieu de rouler au volant d'une tonitruante voiture de sport, une silencieuse petite auto électrique est une autre façon de se faire remarquer aux yeux de certains. C'est sans doute vrai, mais il faut également savoir si cette automobile convient à vos besoins et si son prix d'achat est à la hauteur de vos ressources financières.

Une autre mauvaise raison est le fait de vouloir vous faire justice auprès des pétrolières que vous jugez trop gourmandes. Vos motivations sont peut-être valables, c'est à vous de décider. Mais pourquoi aller s'endetter pour finalement sauver quelques centaines de dollars en fin d'année? Si vous désirez vous départir de votre voiture à moteur thermique uniquement pour économiser de l'essence et vous venger des pétrolières, vous faites fausse route. En effet, même si votre voiture électrique ne coûte rien à la pompe, vous devrez calculer le coût total d'amortissement sur une période de trois ans et, je le répète, le prix d’achat de ces autos n’est pas une aubaine.

Enfin, une autre mauvaise raison pour faire un tel achat est de croire que le réseau de bornes de recharge va se développer à une vitesse spectaculaire. On annonce bien à grand renfort de publicité que tel ou tel stationnement public a installé des bornes de recharge rapide ou encore que certains constructeurs automobiles ont développé une batterie à charge rapide sur certains modèles, mais il ne faut pas se faire d'illusions. Il faudra des années avant que l'on puisse compter sur un réseau de bornes de recharge omniprésent et polyvalent. En attendant, vous devrez soigneusement planifier vos déplacements en voiture électrique.

En conclusions, avant de vous tourner exclusivement vers une voiture 100 % électrique, évaluez bien vos besoins. Si les avantages sont nombreux, les inconvénients sont bien présents. Pensez-y !