Un brevet sur la vente de livrels usagés pour Amazon

 

Le livre électronique, c’est bien pratique. Mais depuis que le prix des fichiers, autrefois modique, a explosé pour rattraper (et parfois même dépasser, ce qui est incompréhensible) celui des livres en papier, le fait qu’il soit impossible de prêter ses livrels à un ami ou de les revendre une fois qu’on a fini de les lire devient un problème de plus en plus embêtant. 
 
Or, Amazon a récemment obtenu un brevet sur une méthode qui lui permettrait, si elle le désire, de vendre non seulement des livres électroniques usagés, mais aussi de la musique usagée, des applications usagées, et toutes sortes d’autres contenus numériques. Histoire de protéger les droits des auteurs et des éditeurs, la technique brevetée par Amazon bloque automatiquement l’accès du propriétaire original au contenu au moment de la vente, ce qui est tout à fait normal.
 
Alors, aurons-nous bientôt droit à une révolution dans le marché du contenu numérique d’occasion? Pas sûr. En effet, on est en droit de se demander si Amazon a l’intention d’implanter ce genre de service ou si elle veut simplement empêcher qui que ce soit d’autre de le faire sans son consentement, sous menace de poursuite en violation de brevet.
 
Le problème, c’est qu’un contenu numérique usagé est impossible à distinguer d’un contenu numérique neuf. L’équivalent numérique d’une couverture de livre pliée ou d’une tache de café à la page 326, ça n’existe pas... Or, qui voudrait acheter un contenu numérique neuf si une version usagée rigoureusement identique était disponible à moindre coût? En instaurant un marché d’occasion, Amazon se priverait de revenus... Et s’attirerait les foudres des éditeurs, qui n’aiment déjà pas beaucoup le marché de la revente. On n’a qu’à penser aux rumeurs qui affirment que les prochaines consoles de jeux vidéo refuseront les disques usagés ou loués pour s’en convaincre.
 
Un (autre) dossier à suivre!
 
Source: Gizmodo