Un projet de loi pour rendre les cotes ESRB exécutoires

Les cotes ESRB, que l’on retrouve sur la quasi-totalité des jeux vidéo vendus dans les magasins et sur une proportion croissante de ceux qui sont vendus en ligne, ont toujours été appliquées sur une base volontaire en Amérique du Nord: certains magasins refusent, par exemple, de vendre des jeux classés M aux mineurs, mais d’autres vendent n’importe quoi à n’importe qui sans poser de question.

Or, le représentant Jim Matheson a présenté un projet de loi au Congrès américain, la semaine dernière, pour rendre les cotes exécutoires et pour imposer des amendes allant jusqu’à 5 000$ par transaction si jamais un magasin vendait un produit pour adultes à un enfant
 
Historiquement, l’industrie s’est toujours opposée (jusque devant les tribunaux) à toute législation limitant la vente de jeux vidéo aux mineurs, y compris lorsque ces projets faisaient référence aux cotes ESRB. L’argument: les décisions concernant les achats de jeux devaient rester entre les mains des parents, sans intervention de l’État. Un argument relativement peu crédible puisque, même s’il était formellement interdit de vendre les jeux classés M ou AO aux mineurs, rien n’empêcherait un parent d’en offrir un à ses enfants en l’achetant lui-même... Et donc que les seules ventes perdues, si un tel projet de loi était adopté, seraient celles réalisées par un magasin qui vend des jeux pour adultes à des mineurs plus ou moins à l’insu des parents! 
 
Ceci dit, la loi proposée risque de faire très mal aux développeurs indépendants, puisqu’elle pourrait obliger TOUS les développeurs à obtenir des cotes ESRB avant de mettre leurs jeux sur le marché. Or, le processus d’évaluation de l’ESRB n’est pas gratuit, loin de là, et il pourrait constituer un obstacle significatif pour les indépendants qui financent leurs projets eux-mêmes. Une interprétation déraisonnable (mais malheureusement pas impossible) de la réglementation qui sera associée à la loi, si elle est adoptée, pourrait même exposer les développeurs non commerciaux à des pénalités sévères s’ils rendaient leurs créations disponibles gratuitement sur le Web.  
 
Un dossier à suivre...