Utiliser Internet affecte le fonctionnement de la mémoire

Avoir à portée de la main, en tout temps ou presque, la totalité du savoir humain ferait-il en sorte que l’on n’ait plus besoin de se rappeler de rien (sauf de comment entrer une recherche dans Google)? Ou serait-ce plutôt une nouvelle façon de penser?

Une recherche menée dans trois universités américaines identifie des changements intrigants dans la façon dont Internet influence la mémoire - chez l’être humain, pas chez l’ordinateur. Semble-t-il que, lorsque l’on tape une information au clavier, on s’en rappellera plus facilement si on nous dit que l’information sera effacée que si on nous affirme plutôt qu’elle sera enregistrée et qu’on pourra la retrouver plus tard. Autrement dit: pas besoin de faire l’effort de se rappeler de ce qui appartient à la “mémoire collective”.

Une autre expérience démontre qu’il semble plus facile de se rappeler où trouver une information (dans quel dossier sur un disque dur, par exemple) que de mémoriser l’information elle-même.

Ce qui semble démontrer que plus on utilise Internet, moins on mémorise. Est-ce forcément un signe de dégénérescence? Meunon! C’est simplement une preuve supplémentaire de la plasticité du cerveau humain, qui s’adapte à son environnement pour en tirer un maximum d’information. Dans l’Antiquité, les conteurs mémorisaient l’Odyssée ou l’Illiade au complet et la récitaient par coeur, mais pas parce qu’ils étaient plus brillants que nous: c’est qu’ils n’avaient pas accès à des livres (et que la plupart d’entre eux ne savaient pas lire de toute façon).

Ceci dit, en tant qu’amateur de jeux questionnaires, je préfère encore pouvoir me rappeler du plus grand nombre de détails insignifiants possible… Mais dans la vie de tous les jours, et pour l’immense majorité des gens, un accès Internet vaut bien mieux que 10 000 heures de “par coeur”.

(Source: New York Times)

Source image: Wikimedia Commons