Vidéosurveillance : un pied dans le futur, l'autre dans le marketing

Dans la télé-série américaine Person of Interest, un crack des technologies invente un système qui permet de prévenir des crimes en utilisant toutes les installations de vidéo-surveillance et d’espionnage électronique disponibles. À partir d’un comportement suspect et de l’analyse des dossiers électroniques d’un individu, la machine estime que la personne 'digne d'intérêt' risque d’être victime (ou encore responsable) d’un crime. À partir de là, on met un super-agent sur le dossier. Évidemment, il s’agit d’une œuvre de fiction.

La réalité semble cependant vouloir rattraper la fiction. Selon le site visionindustrielle.org, 'la télésurveillance intelligente est basée sur des algorithmes qui analysent en temps réel les séquences vidéos filmées par une caméra. Cette analyse permet : la détection de mouvement, le comptage et le suivi de personnes, l'identification de personnes suspectes (sur base de comportements), l'identification de personnes suspectes (sur base d'une base de données de suspects), etc.’. Sur le plan technologique, l’analyse informatisée des images, en temps réel, est essentielle. Les municipalités n’ont tout simplement pas les moyens et les ressources pour que les images de milliers de caméras qui roulent 24 heures sur 24 soient analysées efficacement par des humains.
 
Au cours des dernières années, les systèmes de vidéosurveillance (notamment en Grande-Bretagne) n’ont pas été très efficaces pour lutter contre la délinquance. Mais il semble y avoir un élan d’enthousiasme (lire ‘marketing’) actuellement dans l’industrie. La surveillance sera maintenant ‘intelligente’ ou ne sera pas. Les algorithmes de détection vont remplacer les agents en chaire et en os et donc permettre de réduire les coûts. Ça reste à voir puisque si on multiplie les alertes, il va falloir les traiter. Ce qui engendre des dépenses supplémentaires en ressources humaines.
 
Il y a aussi la question des fausses alertes. Le département américain de la défense estime qu’avec un tel système installé dans un aéroport, sur 100 000 voyageurs observés, il y aurait jusqu’à 1000 fausses alertes. Une belle perte de temps pour les services de sécurité.
 
Bref, tout cela n’est pas encore au point. Mais certains gouvernements (États-Unis, France, Belgique) sont attentifs aux arguments de vente des grands acteurs de l’industrie de la vidéosurveillance.
 
Voyez cette publicité de la compagnie Total Track (sur un air connu) :
 
 
Source : insecurite.blog.lemonde.fr, visionindustrielle.org
 
Photo: Galerie de James Cridland

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