Windows Phone 7.5 est apprécié, mais...

Pour Microsoft et pour les manufacturiers qui ont adopté son système d’exploitation pour téléphones cellulaires Windows Phone, les derniers mois ont apporté de bonnes et de mauvaises nouvelles. La bonne: Windows Phone 7.5 a généralement été bien accueilli par la critique, notamment ici et ici. La mauvaise: la part de marché de Windows Phone, déjà famélique, a continué de descendre.

Selon une étude de comScore citée par Mashable,  Windows Phone ne comptait que pour 4% du marché en mai, une baisse de 0,4% par rapport à janvier et de 1,9% par rapport à la même date l’année dernière. Les analystes d’IDC, qui prévoient pourtant que Windows Phone dépassera tous ses rivaux d’ici 4 ans, rapportent des chiffres encore plus médiocres: 2,2%, soit moins que la part de marché des téléphones Linux!  Et ce, malgré l’arrivée sur le marché des excellents téléphones Windows de la gamme Lumia de Nokia.
 
Des raisons qui expliquent le problème? D’abord une très mauvaise stratégie concernant la prochaine révision du système, Windows Phone 8. On sait depuis un bon bout de temps que celle-ci sera lancée à l’automne, mais jusqu’à la semaine dernière AUCUN téléphone Windows, pas même le tout nouveau Lumia 900, n’était assuré de recevoir la mise à jour. Or, qui voudrait investir plusieurs centaines de dollars et/ou un contrat à long terme dans un appareil qui risque d’être déclaré désuet par son manufacturier moins de six mois après son lancement? (On sait maintenant que les téléphones Windows existants n’auront pas droit à Windows Phone 8, mais qu’une version intermédiaire 7.8 leur permettra d’avoir accès à certaines de ces fonctions. Lesquelles? Aucune idée, hormis l’écran d’accueil. Pas très vendeur ça non plus.)
 
Les optimistes diront que la stagnation de la part de marché de Windows Phone signifie que les usagers susceptibles de l’adopter ont tout simplement retardé leurs achats jusqu’à la sortie de Windows Phone 8. Les pessimistes, qu’ils ont plutôt choisi de rester avec Android ou iOS. Selon moi, il y a du vrai dans les deux théories, mais un manufacturier (lire: Nokia) serait malvenu de placer tous ses oeufs dans le panier de Windows Phone. Et le président du Conseil d’administration de Nokia semble être du même avis, puisqu’il a récemment affirmé que son entreprise avait élaboré un Plan B au cas où la plate-forme de Microsoft n’arriverait pas à s’imposer
 
Un autre dossier à surveiller avec attention. Chose certaine, si les téléphones Windows Phone 8 ne se taillent pas une part de marché appréciable d’ici le printemps 2013, malgré la convergence évidente avec les systèmes d’exploitation de Microsoft pour les tablettes et pour les PC, ils n’y parviendront jamais.
 
Image: Vernon Chan, Flickr