Madden NFL 11

13 décembre 2011
François Dominic Laramée

Madden

Je présente la nouvelle version de Madden NFL à La revanche des nerdZ plus d’une année sur deux. Normal: à peu près personne ne se risque à lancer un jeu la même semaine que ce monstre, alors les options, pour un chroniqueur en mal de matériel, sont assez limitées. Et j’avoue que ce n’est pas toujours avec enthousiasme que je m’y remets… Sauf que, cette année, ce fut un plaisir puisque (pour une fois) Madden sort de sa zone de confort et tente d’aller chercher un nouvel auditoire qui ne lui était pas déjà acquis. Est-ce que ça marche? Oui. Est-ce que ça fait grincer des dents chez les fans de longue date?  Oui, aussi. Mais ça en vaut la peine: même pour une franchise à succès, augmenter encore et toujours la complexité pour satisfaire les fans qui connaissent déjà les épisodes précédents par coeur ne peut, à long terme, que faire décrocher de plus en plus de monde… Et rendre le jeu inaccessible aux nouvelles recrues.

Les nouveautés 

Histoire de simplifier et d’accélérer le jeu, les développeurs ont introduit Gameflow, un système qui permet à l’intelligence artificielle de choisir les jeux que l’on devra exécuter, en se basant sur un plan de match assez détaillé, au lieu de nous forcer à fouiner dans le livre de jeux du coach à chaque fois. Le coach nous indique même quoi surveiller sur le terrain pour maximiser les chances que le jeu qu’il vient d’appeler donne un bon résultat.Efficace? Absolument, surtout pour ceux qui ne sont pas de grands connaisseurs de football; les diagrammes qui représentent les formations et tracés dans un livre de jeux, quand on ne s’y connait pas, font peur. Et si on veut quand même faire ses choix soi-même, rien ne nous en empêche. Voilà un excellent compromis, que même les “footballomanes” de mon espèce pourront apprécier. (Je regarde un match de la NFL, j’examine la formation en défensive, et je peux lire les blitzes et les couvertures aussi efficacement que les quarts-arrières sur le terrain!)
 
J’ai aussi eu l’impression que le rythme du jeu avait ralenti, que j’avais plus de temps pour réfléchir et pour réagir que par les années passées. Ça aussi, c’est bienvenu, surtout quand vient le temps de jouer en défensive; en fait, c’est la première fois que j’ai du plaisir à jouer autre chose qu’un ailier défensif quand je suis du “mauvais côté du ballon” à Madden.
 
Le pad stratégique, lui, plaira moins aux experts. Il remplace les commandes du genre “gachette de gauche + Y” pour donner des ordres à ses coéquipiers avant la remise du ballon par une navigation dans une hiérarchie de choix, avec le pad directionnel. Plus simple à utiliser, mais pour ceux qui ont mémorisé les codes depuis des années, plus lent. N’ayant jamais assez de temps à consacrer à Madden pour l’apprendre par coeur (du moins pas depuis 2004), j’aime bien… Mais il semble que, parmi les gros joueurs, je sois en minorité. C’est la vie.
 

Le mode de gestion d'équipe

 
Pour ceux qui aiment diriger une équipe, échanger des joueurs, repêcher des recrues, etc., il n’y a pas de grands changements en matière de contenu cette année, mais plusieurs modifications cosmétiques qui embellissent et simplifient l’interface.
 
Les développeurs se sont quand même laissés aller à quelques fantaisies: on peut ajouter à son stade des plaques de téléportation pour éviter le trafic et des réplicateurs de nourriture à la Star Trek pour ne pas avoir à se lever pour aller chercher ses hot-dogs. Inutile, mais rigolo!
 

Le jeu en ligne 

 
Cette année, Madden favorise le jeu en ligne à 3 contre 3. On peut d’ailleurs choisir entre diverses combinaisons de joueurs à contrôler, selon que l’on préfère jouer les quarts-arrières, les porteurs de ballon, etc. Ma brève expérience a été plutôt positive: techniquement, ça marche. Mais pas assez pour me convaincre de recommencer sur une base régulière, tout simplement parce que trop de positions sont vraiment, vraiment “plates” à jouer. Après tout, un bon receveur de passes se fait lancer le ballon 7-8 fois dans un match…
 

Quelques bobos...

J’ai croisé quelques bogues gênants, indignes d’une production de ce niveau. Pendant que je gérais une équipe, le bouton permettant d’offrir un contrat à mon premier choix au repêchage a “gelé” - et le personnage en question s’est volatilisé. Plus de premier choix! Grrr… Un plan de match Gameflow mal calibré, comme celui dont j’ai hérité par défaut la première fois que j’ai joué les Chiefs, peut donner des résultats ridicules: lancer une “bombe” alors qu’on est à la ligne de 2 de l’adversaire?!?!?!
 
Et que dire de l’émission d’avant-match des séries éliminatoires, dont les reportages virtuels s’interrompent sans arrêt parce que l’image n’est pas bien synchronisée avec le son? Franchement…
 
Je n’aime pas non plus beaucoup l’idée de vendre des codes pour tricher: celui qui a beaucoup de temps à consacrer au jeu en ligne (ou, plus probablement, beaucoup de sous) peut accumuler des points qui lui permettent de maximiser l’entraînement d’un de ses joueurs ou d’acheter un rapport de dépisteur sur les habitudes de ses adversaires en ligne… Pas sûr que j’ai envie d’affronter quelqu’un qui se bat avec des armes trafiquées, moi.
 

Conclusion

 
L’action sur le terrain est plus lente (du moins c’est mon impression), ce qui nous donne plus de temps pour réfléchir et pour choisir des stratégies. Pour un gamer cérébral, c’est du bonbon. Et Gameflow accélère tellement les phases de “poutine” entre les jeux que la durée des parties s’en retrouve coupée de moitié. Pour moi, c’est un gain sur toute la ligne.
 
Malgré quelques bobos, pour la plupart assez faciles à contourner, j’ai adoré Madden NFL 11 comme aucune autre version depuis Madden 2004. Travail oblige, je ne pourrai pas y rejouer très souvent d’ici la pause des Fêtes… Mais mon calendrier est déjà marqué!

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