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9 humoristes qui n'ont pas eu froid aux yeux

L'humoriste et comédien Yvon Deschamps

Pour arriver à faire rire avec une situation/un sujet qui n'est pas drôle du tout, ça prend du talent, de la sensibilité et du cran à revendre...et ce n'est pas donné à tous les humoristes. Mais quand certains d'entre eux arrivent à dénoncer les injustices et à aborder des sujets délicats avec doigté, rigueur et panache, on relève l'art du rire à un plus haut niveau. Voici 9 humoristes qui n'ont pas eu froid aux yeux.

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Lenny Bruce

Sans contredit l'humoriste américain le plus célèbre et le plus controversé des années 60, Lenny Bruce est considéré comme l'inventeur du stand-up. Ses prises de positions anti-establishment, ses mots crus et ses dénonciations du puritanisme lui ont valu d'être arrêté à plusieurs reprises et placé sur la liste de surveillance du FBI. Mort très tôt, à seulement 40 ans, Lenny a ouvert la voie à ceux qui ont vu l'humour comme une arme de contestation.

George Carlin

George Carlin était le Yvon Deschamps américain, celui que les humoristes plus jeunes regardent avec admiration, celui qui a défoncé un nombre impressionnant de portes. Carlin s'est amusé toute sa carrière à dénoncer la religion et à s'attaquer à pratiquement tous les tabous de la société américaine. Son plus célèbre sketch, "Seven dirty words" où il aborde les 7 mots qui sont interdits à la télé, lui a valu une arrestation et un jugement en Cour suprême des États-Unis en 1978 où son numéro fut déclaré « vulgaire, mais pas obscène».

Bill Hicks

Le météore du stand-up américaine, Bill Hicks a une courte carrière, mais assez longue pour avoir marqués les esprits. Hicks parlait aux émotions des spectateurs, à la colère, au dégoût, à l'apathie et s'attaquait à la religion, la politique et la philosophie en versant dans l'humour noir. En 1993 au Late Show with David Letterman, son numéro où il riait du mouvement anti-avortement fut censuré, créant la controverse. Malgré un diagnostique de cancer en 1993, il travailla jusqu'à sa mort en 1994 à l'âge de 32 ans. 

Richard Pryor

Au départ, l'humour de Richard Pryor était plutôt consensuel. Désirant se différencier de Bill Cosby, Pryor s'éloigna de la scène un temps pour revenir avec du matériel cinglant, cru et irrévérencieux. En plus d'aborder des thèmes comme le racisme, la sexualité et la drogue de façon diablement efficace, Pryor faisait dans la satire politique et l'humour d'observation. Il est classé numéro 1 sur la liste des plus grand humoristes américain du «Rolling Stones».

Coluche

De son vrai nom Michel Colucci, Coluche était un agitateur et un provocateur autant qu'un humaniste. Dans la France des années 70, alors que l'humour se gardait une petite gène quand venait le temps de dénoncer, Coluche lui, fonçait tête première dans le tas, écorchant la classe politique, les journalistes, les bonnes moeurs, tout ce qui relevait de l'autorité morale. Il fut le premier à traiter du racisme de la société française dans un numéro intitulé «Le CRS arabe» en 1974. Il s'est même présenté aux élections présidentielles de 1981 avant de se retirer après avoir reçu des menaces de mort.

Yvon Deschamps

L'homme n'a plus besoin de présentation. Yvon Deschamps est le pilier sur lequel s'est bâtit l'industrie de l'humour québécois. Mais Yvon, c'est plus que ça. C'est un humour social qui a fait ouvrir les esprits et évoluer les moeurs. C'est celui qui pouvait tout dire sur tout les sujets avec le ton le plus baveux possible. Ses monologues ironiques Nigger Black et L'intolérance (entre autres) ont marqués la sociétés québécoises en repoussant les bornes établies. Le plus grand et le plus influent comique québécois, sans aucun doute.

Tig Notaro

Si on vous dit que vous avez le cancer dans les deux seins, votre réaction ne sera surement pas d'en faire un numéro d'humour 3 jours plus tard. C'est pourtant ce que Tig Notaro a fait le 3 août 2012. Son numéro "Hello, I have Cancer" est intantanément entré dans la légende. Rarement un numéro d'humour a atteint un niveau aussi personnel et intime. 2 ans plus tard, au New York Comedy Festival, elle performe la dernière moitié de son spectacle torse nu, arborant les cicatrices de sa double mastectomie comme des marques de guerre. Respect.

Jean-Marc Parent

Aucun humoriste n'a passé plus de temps (littéralement) sur une scène que Jean-Marc Parent. On ne compte plus les spectacles-marathon de plus de 6 heures qu'il a donné. En 1993, il devient le premier humoriste à se produire au Forum de Montréal, un risque qui fut très payant. Mais c'est à ses tout début que JMP a produit son numéro le plus casse-gueule...et le plus marquant. Dans L'handicapé, Jean-Marc interprête un homme paraplégique souffrant de tics sévères. L'hilarant numéro fut décrié par certains, mais salué par les associations de personnes handicapées, honorées qu'on parle enfin d'eux sans pitié. 

Maxim Martin

N'ayant jamais eu la langue dans sa poche, Maxim Martin est reconnu pour ses propos cinglants et pour le contenu de ses textes. C'est d'ailleurs sur le sujet du contenu qu'un de ses numéros marquera les esprits.  Sur scène en l'an 2000, en pleine dénonciation des médias qui, selon lui, ne s'attarde qu'à un détail en oubliant tout le reste, Maxim se sort un testicule de ses bobettes pour illustrer son message. Le geste fut dénoncé comme étant vulgaire dans les médias du lendemain, ce qui prouva exactement le point de l'humoriste. 

 

Ne manquez pas la série Rire sans tabous, animée par Jean-François Mercier, sur les ondes de Z!