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Droits d’auteur: une poursuite de 75 000 milliards de dollars

Ah, l’industrie américaine du disque. Quelle joyeuse bande de joyeux lurons. Quel sens de l’humour. Et quel sens des proportions.

Figurez-vous que, sous prétexte que la copie illégale leur a fait perdre beaucoup d’argent, les représentants de l’industrie ont décidé de poursuivre les créateurs du logiciel de partage de fichiers Limewire. Mais pas pour 50$, ni pour 50 millions$: pour 75 000 milliards de dollars.

Je suis loin d’être un fan de Limewire, qui est une magnifique porte d’entrée pour toutes sortes de virus et d’autres cochonneries. Mais 75 000 milliards de dollars, c’est une fois et demie la valeur totale de l’économie mondiale en 2010. C’est un peu plus de 10 millions de fois le salaire annuel de Scott Gomez (alors qu’on s’entend qu’un Scott Gomez, c’est déjà bien assez.) C’est aussi beaucoup plus que les ventes totales de l’industrie du disque depuis l’invention du phonographe. Autrement dit: un peu trop, genre.

Le juge qui entendait la cause a heureusement envoyé les compagnies de disque promener en disant que même le montant minimal estimé dans leur poursuite, soit 400 milliards$, est absurde et basé sur une interprétation dépassée d’une loi sur la contrefaçon qui n’a pas été mise à jour depuis des décennies. Ou peut-être que le juge en question a déjà entendu un enregistrement de Katy Perry «live», réalisé sans le bénéfice d’un logiciel d’harmonisation, et qu’il s’est dit que si quelqu’un piratait ça, il avait déjà été bien assez puni.